« Je peins le passage » « Dans le miroir des mythes » vol (2017) Le mythe perturbe et fait bouger les lignes. Il fascine. À le fréquenter, glissant d’un monde vers un autre, nous franchissons d’insolites frontières : ici nos vies ordinaires, là un univers à bien des égards paroxystique. De multiples métamorphoses, d’étranges brouillages de lignes, de fatales chevauchées. Pire, d’implacables assignations, des lois bafouées, des interdits transgressés, humain et divin confondus au sein d’un joyeux et cruel fourre-tout : c’est l’hybris. Ce mesclun d’amour et de haine, de vengeance et de pardon, de pulsions et de désirs reste pourtant pour nous, les modernes, le premier terreau de nos imaginaires. Surgis des profondeurs du temps – tel est le paradoxe -, voilà nos sentiments les plus secrets, les plus actuels, par vous, révélés. Antigone, Œdipe, Ulysse, Orphée, Europe, Sisyphe sont parmi vos noms. Terribles et magnifiques, vos destins. À commercer […]

Je peins le passage – Vol 1 – « Dans ...


      « Raisons, déraisons » « Dans le miroir des mythes » vol 2 (2017)   Un beau jour ou peut-être une nuit Près d’un lac, je m’étais endormie Quand soudain, semblant crever le ciel Et venant de nulle part surgit un aigle noir… Barbara C’est le paradoxe. Il traverse nos vies. L’oiseau de la déraison brouille les cartes, bouscule les frontières. À chaque fois, lucidité et ivresse, harmonie et chaos, paix et guerre, création et destruction se toisent, se frôlent, se frottent, s’éclipsent, esquivent et se rejoignent. D’Œdipe à Médée et à Antigone, de Sparte à Troie, les mythes, matrice de nos fictions, nous rappellent que de tous temps, femmes et hommes, dieux de l’Olympe et humains, se sont cognés au désir, aux passions, aux us, à la Loi. Qui sont les barbares, où sont-ils, quelle langue parlent-ils ? À chaque fois, il y va d’un territoire et de ses confins […]

Raisons, déraisons – Vol 2 – « Dans le miroir des ...



« Rejouer le monde » « Dans le miroir des mythes » vol 3 (2017)     « L’enfant avait placé une vaste caisse au milieu de la chambre et, depuis quelques heures déjà, il naviguait ainsi, brassant le vide, dévisageant l’horizon enfui dans le mur, le tapis figurant l’océan, la caisse un voilier de fort tonnage. Vers six heures, comme chaque soir à cette heure, le père rentra du travail. Il pénétra dans le salon, il eut le temps de désapprouver l’idée de son fils, il atteignit à cet instant le tapis, coula à pic et se noya. » Jacques Sternberg, Contes froids   Enfants déjà, nous inventions des mondes. Nous construisions des routes, nous soulevions les montagnes. « Tu serais la marchande, je serais le client ». Bien plus que des paroles, c’étaient des univers à explorer, un « mentir-vrai » de résistance (déjà !) au sérieux des parents. C’étaient nos affaires, motus et bouche cousue. Nous les […]

Rejouer le monde – Vol. 3 – « Dans le ...


    « Vers le 100 » « Une année particulière » vol 1 (2018)        » Car enfin qu’est-ce que l’homme dans la nature ? Un néant à l’égard de l’infini, un tout à l’égard du néant, un milieu entre rien et tout. » Blaise Pascal Longtemps, nous avons cru que la terre était plate et aujourd’hui encore certains le prétendent. Les mêmes pensent tout autant que le soleil tourne autour de nous. Juste avant 2000, nous avons été quelques-uns à croire que tout allait changer. Les uns prédisaient le grand bug, d’autres pensaient qu’incapables de compter juste, nos ordinateurs nous planteraient dans un XXème sans fin ! Entre ruptures et continuités, que savons-nous du temps ? Que retrouvons-nous en Filigranes, de numéro en numéro, de série en série : tant de visages, des textes, de paroles ! Il en est qui reviennent comme boomerangs. Ils portent encore si fort le parfum […]

Vers le cent – Vol 1 – Une année particulière



1.0.1 Une année particulière s’achève. Le 100 est derrière nous et nous voilà soudain ballottés entre les espaces et les temps. Entre hier et demain, c’est sur une ligne de crête que nous écrivons. 1.0.1 À l’image même du titre composé de chiffres seulement – 1.0.1 – le passage est incertain. Des points les séparent. Le code est abscons. Il s’étire à l’infini tel un piano sans queue ni tête. Blanches, noires, noires, blanches, la série est peut-être sans fin. Le bonheur de l’invention, de la charge humoristique, du mea culpa seront-ils au rendez-vous quand plus rien ne borde rien ? 1.0.1 Imaginons. Dénombrons. Le « un » ! La barre serait verticale comme un drapeau au fronton des écoles, le toupet vissé sur la rectitude. Avant était limpide, si beau, si doux… proclamerait-il et de suggérer que seul vaudrait de renouer avec les âges d’or. Que rien en elle ne devrait […]

1.0.1 (Une année particulière vol.3)


Lire et télécharger Télécharger le N° intégral (PDF – 3 MO) Edito (« Une année particulière » Vol. 2)  (2018) « Le poète achemine la connaissance du monde dans son épaisseur et sa durée, l’envers lumineux de l’histoire qui a l’homme pour seul témoin. » Édouard Glissant   On ne célèbre pas tous les jours un anniversaire de la sorte. On ne calcule pas à tout moment le nombre de pages publiées et les auteurs rassemblés. On ne revisite pas à chaque instant l’écheveau des thèmes, des problématiques, des pistes. Quand la date fatidique survient, quand le chiffre rond apparaît, on est plutôt bouche bée. Des visages défilent. Des impressions reviennent. Des rencontres faites, des rendez-vous pris, des paroles remontent à la conscience comme autant de bulles. Évanescentes, elles éclatent mais demeure l’embarras : « à quoi bon » et « que faire de tout cela » ? On cherche alors quelque parade, un argument, une raison majeure […]

« 100% création » (Une année particulière vol.2)



ÉDITO « Pas de danse »  (« Les quat’ z’arts » Vol 3) « De tout, il resta trois choses : la certitude que tout était en train de commencer, la certitude qu’il fallait continuer, la certitude que cela serait interrompu avant que d’être terminé. Faire de l’interruption, un nouveau chemin, faire de la chute un pas de danse, faire de la peur un escalier, du rêve un pont, de la recherche…une rencontre. » Fernando Sabino, O encontro marcado (merci à Nicole Digier)   Ils étaient femmes, hommes, enfants, jeunes, âgés et pas. Ils étaient mariés, ils vivaient seuls, ils étaient amants, ils ne l’étaient pas. Ils ont été atteints. C’est à eux que nous pensons en ce moment présent que nous ne savons comment qualifier. À ce qui fut corps en chacun et mouvement vers l’autre. À ce qui fut vertige et force les poussant à la rencontre. Hier encore désir, puissance et jubilation, souffles […]

Pas de danse – Vol 3 – Les quat’ z’arts


ÉDITO Emprunts, empreintes, « aubes des images » ! Sur le double registre de l’emprunt et de l’empreinte s’ouvre ce numéro. La formule semble aller de soi et les termes qui la constituent, chacun pris en lui-même, ne pas vraiment poser question. Mais que cachez-vous homophonies, si séduisantes d’en être presque parfaites ? Une cohérence assurément : celle du maillage humain, de notre dette à autrui, de nos attachements, je crois. Toujours précédée d’œuvres de toutes sortes, lesquelles en sont le terreau, aucune création ne naît; C’est parce qu’on a aimé qu’on souhaite refaire, qu’on cherche la proximité, une manière de retrouvaille, un héritage que l’on se reconnait. Alors foin des accusations. Répétition ? Plagiat ? Non, jamais, car oui, nous créons sous influence. [Je] veut être un autre et il l’est ! [Je] décide de prendre, de transformer, de poursuivre. [Je] signe et, en mon for intérieur, [Je] sais ce que […]

Emprunts, empreintes – Vol 1 – Les quat’ z’arts



ÉDITO Si en ce début de siècle nouveau, la lecture semble devenue chose courante, l’écriture en revanche reste en retrait. Celles et ceux qui s’y adonnent sont certes nombreux mais aujourd’hui encore convenons qu’écrire (d’une autre manière que lire) nous sépare des autres. « Tu vas commencer le nouveau roman d’Italo Calvino, Si par une nuit d’hiver un voyageur. Détends-toi. Concentre-toi. Écarte de toi tout autre pensée. Laisse le monde qui t’entoure s’estomper dans le vague. La porte, il vaut mieux la fermer ; de l’autre côté, la télévision est toujours allumée. Dis-le tout de suite aux autres : non je ne veux pas regarder la télévision (…) » écrivait en son temps Italo Calvino. La séparation que l’écriture provoque est complexe à cerner. Tout à la fois encensée, portée aux nues et mal vue, l’écriture perturbe l’ordre des choses. Oui, écrivant nous franchissons des lignes. Nous nous séparons à plus d’un […]

Sur la corde raide – Vol 2 – Les quat’ ...