117 – « Géographies intimes » (La ville, vol.1)
Edito « Où habitez-vous ? Moi ? J’habite au clair de lune.» (Geneviève Liautard) Inspirés par le titre du livre de Chantal Deckmyn Lire la ville, les auteurs de Filigranes ont eu envie, dans ce premier numéro sur la ville, de donner leur lecture intime, le point de vue d’où ils regardent la ville. Et ils ont entendu la voix de celle où ils vivent, ont vécu ou espèrent vivre. Celle qu’on rejoint sous des couches d’oubli. Celle qu’on ne retrouve plus à la même place, celle qui vous rend anonyme à vous-même, ce qui donne à certains des textes de ce numéro une nostalgie particulière. Dans les brumes de Rouen ou dans le chaos de Marseille, nos traces nous surprennent. Comme Jim Morrison, à qui il « semble être parti depuis longtemps » », on relie sa carte intime au sablier et à l’enfance. D’où l’appel des ciels, des nuages, des vols d’oiseaux qui peuplent certains poèmes jusqu’à l’évocation des âmes dans des cimetières enchantés. Mais, si la ville est pour certains celle de la mémoire, elle est aussi un nom sur lequel on rêve, un lieu qui nous confronte aux mendiants et aux pauvres, un lieu de pierre et de monuments […]