2020 – Récups’ et maraudes


Édito « Être curieux, c’est être attentif à la possibilité de prendre soin du monde. Je pense donc que c’est le bon moment pour la réparation, si l’on s’accorde sur le sens concret, banal et bricoleur du mot, si l’on décide de faire ce qu’on peut avec ce qu’on a, en laissant derrière nous cette rêverie d’un monde d’après »                                                  Patrick Boucheron (1)   Arrivés au terme de notre parcours de trois numéros, nous voilà dans l’expectative. « De récup’ en maraudes » fut notre fil d’écriture une année durant. Passant de gabegies en débordements de toutes sortes, nous replongions avec tristesse dans un premier temps (n°105) dans les errements d’une jouissance qui se croyait sans bords, d’une modernité sans conscience de ses limites. Puis nous nous confrontions (n°106) à la perte, celle de ces savoirs qui autrefois liaient au sol, à la terre, aux paysages les personnes les plus démunies socialement. […]

N°107 « Ça peut toujours servir ! » (Récup’ et maraudes ...


ÉDITO « Il n’y a pas de désir qui ne coule dans un agencement. Si bien que le désir, pour moi, ça a toujours été – si je cherche le terme abstrait qui lui correspond – (celui de) constructivisme ». Gilles Deleuze, Abécédaire « Depuis la nuit des temps, depuis Lucie, peut-être avant, vous parcourez le monde, franchissez les grandes failles, longez les lignes de crêtes comme autant de lignes de vie. Infatigables voyageurs, femmes en marche, hommes de la migration, enfants du dépaysement ». Entendez-le, il y a quelques années déjà, vous figuriez au sommaire d’un numéro. Il est vrai qu’en votre compagnie, vagants extravagants, nous rêvions de mondes où les savoirs seraient de miel et où, heureux, nous vous accompagnerions. C’étaient des temps anciens. Nostalgiques et fascinés, de saison en saison, nous replongions vers vos récits anciens, vers le rouge or brun des paysages traversés, vers le noir de vos corps rompus […]

N° 106 « Glanages » – 12/2020 – (Vol 2 ...



    )                                           ÉDITO   « Elle s’inquiète de la façon dont la langue dans laquelle elle rêve, qui lui est donnée à la naissance, est manipulée, mise en service, même retenue d’elle à certaines fins néfastes ». En tant qu’écrivaine, « elle considère la langue en partie comme un système, en partie comme une chose vivante sur laquelle on a le contrôle, mais surtout comme une intervention (…) »* Le débordement, le trop-plein sont au cœur des pages qui suivent. Les errements, les boulimies entretenues, les novlangues et mystifications publicitaires qui nourrissent les gaspillages et les privilèges de certains au détriment de tant d’autres, nous sommes nombreux à en constater l’impasse. Mais écrire, est-ce seulement dénoncer ? Ce qui déborde, n’est-ce pas, plus encore, au cœur de nos langues où des ruptures […]

N° 105 « Ça déborde » – 09/2020 – (Vol ...