@L’engagement dans la création


  « Je suis née dans une famille italiano-russe où le maître mot était : créer et être soi-même » Un entretien avec Dominique Lombardi, écrivaine, journaliste, cinéaste…   C’est dans un tourbillon de pratiques créatives que nous entraine Dominique Lombardi, tour à tour écrivaine, reporter de guerre, cinéaste, musicienne et collection-neuse d’objets de toutes sortes. D’où vient cette « folie créatrice » ? Est-elle conciliable avec une vie d’épouse et de mère ? Le lecteur de Filigranes découvrira au fil de l’entretien ce qui fait lien et qui s’appelle chez Dominique Lombardi « désir de vivre intensément », « rapport à l’autre » et quête de ce que l’Histoire et sa grande hache » (Perec) nous a ravi ».       – 1 – Entre stylisme, journalisme et cinéma Filigranes : Tu as, très jeune, multiplié les activités… Dominique Lombardi : Oui… Autour de 1980, j’ai créé Galène Roucas, une marque de stylisme, ayant été à bonne école […]

« Je suis née dans une famille italiano-russe où le maître ...


Cursives parus dans le N°98 Dans les parages du mythe « Rejouer le monde »   Je suis née à Marseille, en 1960. Marseille c’est ma ville, c’est toute mon enfance et toute ma vie, jusqu’ à aujourd’hui encore. Sauf, un épisode parisien, de deux années et quelques mois, à la fin des années 80. Le mime était déjà mon métier, et je voulais découvrir de nouvelles pratiques. J’ai notamment fait un stage avec Ludwik Flaszen, cofondateur avec Jerzy Grotowski du Théâtre Laboratoire. Fin des années 90, j’ai créé le Garance Théâtre, une structure pour produire mes spectacles. J’ai choisi Garance par référence au personnage féminin dans Les enfants du paradis de Marcel Carné. C’est un film sur la vie de Jean-Gaspard Debureau, le fameux mime du XIXe siècle et le créateur du Pierrot.   Quelle a été votre première rencontre avec le mime ? Ç’a été une photo. Après le bac, […]

Anne Chiummo, artiste mime



    Filigranes est allé rencontrer le sculpteur, peintre, calligraphe et poète Thierry Hamy dans son atelier à La Garde (Var), ouvert au public. Nous sommes aussi allés voir la statue monumentale qu’il a réalisée à Bormes-les-Mimosas et les œuvres  des enfants de Signes réalisées sous sa direction. Après une petite enfance au Sénégal, Thierry a presque toujours vécu dans l’agglomération toulonnaise. Mais il a effectué un séjour très marquant à Calcutta chez Mère Teresa  à l’âge de vingt ans, avec des haltes au retour en Israël, en Jordanie et en Égypte, où il a vécu de ses talents de portraitiste et offert ses services à différentes communautés. Au fil de ses expositions et des cours à ses élèves, ainsi que des spectacles associant calligraphie et chanson auxquels il a participé, il a eu  l’occasion de partager cette passion de la beauté qui le fait vivre et c’est de cela […]

Thierry Hamy, sculpteur et poète


Cursives 67 Entretien avec Francis Finidori (c) (Photos Francis Finidori – Tous droits réservés) Jean Amado ? J’ai dû le rencontrer en 1950 chez René Benlisa. À l’époque, je travaillais sur les quais de Marseille et un jour, en rentrant à pied, je trouve un petit cube en maçonnerie. Il y avait là un café dont les murs étaient constellés de ganches, en ex-voto. Ces instruments de dockers étaient engagés contre quelques verres. Le patron servait les pastis avec des brocs en forme de phallus, il n’était pas peu fier de ces pièces uniques. Je vois aussi des peintures d’une dureté, d’une fermeté qui m’ont fait penser à Artaud. – C’est mon fils, dit le patron. – Je peux le rencontrer ? Après un premier contact, par téléphone, il m’invite à déjeuner du côté de Saint-Marc Jaumegarde…  Et je découvre une production encore différente, des projets de céramique… On devient […]

Jean Amado ? J’ai dû le rencontrer en 1950 chez ...



Cursives 66 Entretien avec José-Flore Tappy   José-Flore Tappy est née à Lausanne en 1954. Elle travaille dans la recherche littéraire et l’édition de textes à partir d’archives d’écrivains, au Centre de recherches sur les lettres romandes (Université de Lausanne). Elle a conçu et réalisé l’exposition Jaccottet poète qui présentait en 2005 à Lausanne d’une part les années de formation de Jacottet et ses interlocuteurs privilégiés – maîtres, amis, artistes, éditeurs -, d’autre part son travail d’écrivain à partir d’un choix de manuscrits. En collaboration avec Marion Graf, elle a réalisé une Anthologie de la poésie en Suisse romande depuis Blaise Cendrars, publiée en 2005 chez Seghers. Elle a publié 4 recueils de poèmes Errer mortelle, Pierre à feu, Terre battue et Lunaires et un cinquième recueil intitulé Hangars va paraître à l’automne 2006. Elle a écrit également des textes consacrés à des artistes et traduit des poètes de langue […]

Une ignorance jamais comblée – Entretien avec José-Flore Tappy


  Filigranes propose dans ce Cursives  62 (2004) un entretien avec Antoinette Battistelli, professeur des écoles et maître formateur.   L’échange porte sur les liens entre démarche pédagogique  et démarche créatrice. Antoinette Battistelli est plasticienne à ses heures, elle participe aux travaux du GFEN Provence, elle conçoit et anime avec ses pairs des ateliers de création, mais surtout elle invente pour ses élèves de Cours élémentaire (7/8 ans) et ses stagiaires de l’IUFM des situations d’apprentissage appuyées sur l’activité créatrice. L’entretien fait suite à une matinée passée en classe avec elle et ses élèves. Créer, c’est accumuler et transformer Filigranes : L’idée que nous avons en tête, c’est celle d’une comparaison possible entre la pédagogie comme acte de création et la création proprement dite, plastique notamment. C’est la première fois que nous abordons cette question dans Filigranes. Quels parallèles vois-tu ? Antoinette Battistelli : Je me suis souvent interrogée sur […]

La pédagogie est-elle une création ? – Un entretien ...



Filigranes N°61 « D’autres chats à fouetter » Mars 2005 « L’écriture comme travail : défricher, labourer, semer, récolter »   Avec l’entretien accordé par notre amie Pierrette Epsztein, enseignante puis animatrice d’ateliers d’écriture, et par ailleurs auteur, nous poursuivons notre réflexion sur l’écriture comme travail, thème du séminaire d’anniversaire 2004. Ce travail peut-il faire l’objet d’un apprentissage ? S’agit-il plutôt d’une découverte que l’on fait un jour à la faveur d’une rencontre avec un auteur, des écrivants, un animateur ? Cette découverte ne vaut-elle que pour les adultes ? Est-elle de nature à transformer aussi ce qui se fait actuellement dans les écoles ? Mais alors, comment écrire et surtout pourquoi ?   L’écriture, tu l’abordes actuellement dans un cadre associatif par le biais d’ateliers d’écriture… Pierrette Epsztein : L’association que j’ai créée, il y a maintenant 10 ans, s’appelle Tisserands des mots. Elle a comme objectif d’élargir l’écriture à des personnes qui n’y […]

« L’écriture comme travail : défricher, labourer, semer, récolter » – ...




Paru dans Cursives N°58 Filigranes a rencontré Karyne Wattiaux, conseillère pédagogique en alphabétisation, animatrice d’ateliers d’écriture et écrivain et Mariska Forrest, plasticienne. Elles évoquent ici leur utopie des mercredis soir : un étonnant projet d’écriture dans lequel un public mixte de « lettrés » et « d’illettrés » écrit et produit plastiquement et finit par publier une dizaine de livres… Un projet dont le récit et l’analyse  nous éclairent sur la fertilité du principe de coopération et nous invitent à inscrire la création dans le long temps du partage.   Commençons par la fin. Vous arrivez au terme d’un projet de cinq ans et demi. Karyne Wattiaux : Oui, c’est une boucle qui se referme sur une suite de petits  projets qui n’en forment qu’un : mettre en œuvre des projets collectifs tout en permettant à chacun d’expérimenter et d’acquérir des savoir faire tant artistiques que solidaires. Au début du projet, nous ne savions pas que […]

« Créations croisées, savoirs solidaires ». – Entretien avec Karyne Wattiaux


Cet entretien est paru dans Filigranes n°52 « Et pourtant elle chante » Avril 2002   Dans ce numéro, nous avons rendez-vous avec Christian Alix, chercheur en éducation à l’Institut allemand de recherche pédagogique (D.I.P.F., Francfort – RFA) et auteur compositeur interprète. Christian Alix écrit les textes et compose les musiques de ses propres chansons mais écrit aussi des poèmes et des histoires pour enfants. Il évoque dans cet entretien une expérience singulière, celle d’auteur compositeur interprète.   Des chansons et des partitions FILIGRANES : Quand as-tu le sentiment d’être entré en écriture et en chanson ? Christian Alix : J’ai depuis toujours eu envie d’écrire des chansons et de la musique. Je suis, tombé dans la chanson et la musique – comme Obélix dans sa potion magique ! – très tôt. Ma mère chantait pour « chasser le diable qui rôdait » comme le dit Félix Leclerc. Mon père, lui, adorait danser. Mon […]

La chanson, un art de la concision… – Entretien avec ...



Un entretien avec Teresa ASSUDE, membre du collectif de Filigranes, enseignante et chercheur en didactique des mathématiques.   A propos d’écriture en didactique des mathématiques et d’écriture poétique TA : En didactique ou en poésie quand j’essaie de créer, il y a toujours un temps de maturation. Tout dépend de la manière dont chacun vit le travail. Moi, je vis dans la lenteur en ce qui concerne la création. Parfois j’ai l’impression que j’ai avancé, et quand je relis, je m’aperçois que je n’ai pas avancé du tout. Je traîne, je traîne, ou j’écris à quelqu’un ou je n’écris rien. Puis, un peu plus tard, cela peut aller très vite. Les jours où je suis restée « sans rien faire », c’est une période où quelque chose a mûri, mais qu’ai-je fait pour cela (à part me donner le temps) ? Même s’il y a des choses que je ne comprends pas […]

« Construire des significations à des mots existants » (Teresa Assude)


Ecrivain Public et Biographe Un entretien avec Marie-Christine INGIGLIARDI   Écrivain public : « Nom masculin bien que souvent féminin… Sorte de porte-plume doté d’oreilles bienveillantes et attentives, utile lorsqu’on trouve les mots pour le dire mais pas ceux pour l’écrire. Domaines d’intervention : de la lettre de motivation au roman, du recours administratif au poème, du rapport de stage à la lettre d’amour, du mémoire aux Mémoires… » Telle est la définition que Marie-Christine INGIGLIARDI, écrivain public et biographe à Sisteron, donne de son métier. Un métier qu’elle évoque ici pour les lecteurs de Filigranes…    Filigranes : En quoi consiste votre travail d’écrivain public et biographe ? Quelles sont vos différentes activités et qui sont vos clients ? Marie-Christine INGIGLIARDI : Tout d’abord, si je dis « Écrivain public »quand on me demande ce que je fais dans la vie, il faut bien reconnaître que ce n’est pas ce qui me fait vivre. Pour le bulletin […]

« Ecrivain public et biographe » (Marie-Christine Ingliardi)



Une poésie politique : prêter sa voix à d’autres…  »   ENTRETIEN AVEC BERNARD MORENS Bernard Morens est professeur de français dans un collège de Dordogne. Il a déjà publié Voix en 1998 à la Librairie – Galerie Racine (Paris). Filigranes s’entretient avec lui d’un travail en cours dont un extrait a été publié.   Filigranes : Comment est née l’idée de ton actuel chantier d’écriture, si je peux utiliser ce terme ? B.M. : J’ai eu envie de faire de la poésie qui soit politique en ce sens non pas qu’elle prenne parti, mais qu’elle parle de ce que vivent les gens au niveau d’un groupe, comment des gens peuvent subir des événements de l’Histoire, de l’actualité. Je voulais mettre l’accent sur la souffrance que peuvent connaître les gens, et c’était pour moi une manière de m’interroger sur l’Histoire, d’essayer de comprendre notre Histoire contemporaine. Le premier événement emblématique qui […]

« Une poésie politique : prêter sa voix à d’autres…  » (Bernard Morens)


Le travail de l’écrit – Entretien avec Bernard Pèlegrin. Dans l’entretien qui suit Bernard Pèlegrin, ergonome et écrivain, témoigne d’un univers inhabituel pour « Cursives », celui de l’entreprise. On aurait tort d’imaginer que les questions concernant l’écriture et les pratiques du langage ne s’y posent pas, ou seulement marginalement. Réfléchir à ce que signifient « formaliser l’expérience de travail », « co-élaborer les savoirs du travail » est pour nous une manière de donner du sens et de l’épaisseur au sous-titre de Filigranes…revue d’écritures.   La formalisation comme accès au dire Filigranes : Qu’est-ce que « formaliser »  l’expérience et d’où te vient l’idée de le faire. ? Bernard Pèlegrin.- Formaliser ? Le dictionnaire dit: « réduire un système de connaissance à ses structures formelles. » Ce que je mets dans ce mot, c’est plutôt quelque chose comme donner une forme, mettre en une autre forme. La première fois où, dans mon travail d’ergonome, j’ai pu mesurer l’effet de […]

« Le travail de l’écrit » (Bernard Pèlegrin)



  « Ecrire » Entretien avec Marie-Françoise Belaïzi,   « Ce qui traverse nos explora–tions littéraires c’est bien sûr l’attention aux mots, mots qui sont le matériau de base de l’écrivain. Mais un matériau pour lequel j’éprouve une affection pro–fonde, un grand respect, et un attache–ment indéfectible. Si je me suis tournée vers les mots pour me soulager des misè–res de notre terre, c’est parce que je me suis dit : Je peux leur faire confiance. Si j’ai besoin d’eux, ils seront toujours là pour me consoler, pour m’ai–der, pour me tenir compagnie, quel que soit le lieu et l’heure de ma solitude. »           Ainsi s’exprime Marie-Françoise Belaïzi, qui vit et écrit à Manosque et qui a rejoint Filigranes récemment. Avec elle, « femme du commun à l’ouvrage », nous cheminons dans les arcanes d’un travail qui se présente comme d’une exploration avide et quasi-systématique des genres. Marie-Françoise Belaïzi évoque les moments de bonheur et de […]

« Écrire ». (Marie-Françoise Belaïzi)


« Une singulière envie de produire » Entretien avec Christiane Lapeyre) Un entretien avec Christiane Rambaud, plasticienne.Dans l’entretien ci-dessous Christiane Rambaud, enseignante, puis plasticienne nous livre quelques-unes des étapes qui l’ont conduite des stages « création » du Groupe Français d’Education Nouvelle à la gravure sur pierre et sur bois, en passant par les aquarelles, les gouaches, l’acrylique. Cette recherche obstinée qui suppose « de toujours chercher ailleurs, plus loin, autre chose » (l’expression est empruntée au poète Jean Tardieu), est aussi une confrontation avec le sens du travail plastique et une interrogation sur ce que signifie « être artiste ».    L’aquarelle, aux origines de mon travail Ch. Rambaud : J’ai entrepris le travail de la pierre en 1995, c’est-à-dire 8 ans après mon démarrage avec les aquarelles. Il faut donc que je remonte aux origines. Je n’ai pas appris l’aquarelle à l’école ou aux Beaux-Arts, mais je l’ai découverte dans les stages du GFEN (Groupe Français […]

« Une singulière envie de produire » (Christiane Lapeyre)



La langue, comme un fleuve… Entretien avec Robert AMAT Robert Amat vit et écrit à Lurs(04). Il a publié deux recueils « Eclats de paysage » et « Souffles »[1], ainsi que divers textes dans les revues ACTION POETIQUE et FILIGRANES.   L’entrée en écriture Q : Tu as dit un jour, « J’écris contraint et forcé. Il faut que je me mette dans un coin pour écrire. Il y a donc une passion de l’écriture. Je suis un saint récalcitrant botté aux fesses par son dieu. » R.A.  : C’est une comparaison, plus qu’une réalité. Je ne suis pas un mystique et je n’ai jamais eu d’apparitions… Il y a longtemps que je me mêle d’écrire, comme tout le monde, étant donné que j’ai commencé à écrire du temps de mon adolescence quand j’étais pensionnaire. A l’époque, je tenais un journal. Il m’arrivait d’écrire des poésies. J’ai d’abord été imprégné de Victor Hugo puisque mon […]

« La langue, comme un fleuve… » (Robert Amat)