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  Une rencontre avec Serge Plagnol, né en 1951, vivant à Toulon, peintre et ancien professeur à l’école des Beaux-Arts de Nîmes. Il est venu au séminaire de mai2019 de Filigranes en apportant quelques toiles récentes. Après quelques questions comme entrée en matière, nous avons écrit à partir de ses tableaux puis poursuivi l’échange avec lui. Les oeuvres de Serge Plagnol ont été exposées dans différentes galeries et sont visibles sur FB et divers sites   Cursives 103 Serge Plagnol .        

Serge Plagnol « La peinture, c’est une surface qui interroge la ...


  Dernier N° à paraître en décembre 2020 N° 107 – Ça peut toujours servir Obéissons à nos épluchures » nous conseille Gaston Chaissac. On ne laisse pas tomber, car rien ne se perd mais tout se transforme. On réinvestit, on s’expose aux regard des autres et on le sait ! Fait-on encore du neuf avec vieux ? C’est l’économie réinventée.  Quelques pistes et possibles impulsions : Recyclages ou comment accommoder les restes ? – À feu doux – Mijotages en écriture.  Réécritures et compost – Obsolescences récusées – Compressions – Vélocyclages – S’étranger le regard – Redécouvrir les vieux pulls –   Soumission des textes : 30 décembre 2020


Lettres de Marie-Christiane Raygot, poète, auteure de Filigranes   « Le plaisir de recevoir une lettre ne se distingue pas tellement de celui d’en envoyer » Lettre du 16 octobre 2017   «Après une période de clôture, de mutisme … On est à sa vie de tous les jours sans penser à la poésie et tout à coup quelque chose vous arrête. Qu’est-il arrivé ? Rien ou presque – rien n’a changé, pourtant et soudain, par quel miracle, tout peut faire signe et se met à parler. Les mots surgissent là ou s’était créé un vide dans l’espace mental. » Lettre du 25 août 2008     « Je travaille. Á force, je vois un peu, parfois » (citation d’Antoine Emaz) me rappelle cette brume opaque où j’avance les mots « essayés » qui devront laisser la place probablement à d’autres, qui ne sont ni sûrs de leur identité, et encore moins de leur destin . « Je laboure et […]

Marie-Christiane Raygot


  « Je suis née dans une famille italiano-russe où le maître mot était : créer et être soi-même » Un entretien avec Dominique Lombardi, écrivaine, journaliste, cinéaste…   C’est dans un tourbillon de pratiques créatives que nous entraine Dominique Lombardi, tour à tour écrivaine, reporter de guerre, cinéaste, musicienne et collection-neuse d’objets de toutes sortes. D’où vient cette « folie créatrice » ? Est-elle conciliable avec une vie d’épouse et de mère ? Le lecteur de Filigranes découvrira au fil de l’entretien ce qui fait lien et qui s’appelle chez Dominique Lombardi « désir de vivre intensément », « rapport à l’autre » et quête de ce que l’Histoire et sa grande hache » (Perec) nous a ravi ».       – 1 – Entre stylisme, journalisme et cinéma Filigranes : Tu as, très jeune, multiplié les activités… Dominique Lombardi : Oui… Autour de 1980, j’ai créé Galène Roucas, une marque de stylisme, ayant été à bonne école […]

« Je suis née dans une famille italiano-russe où le maître ...



Entretien réalisé le 7 juillet au Centre social /Maison pour tous Saint Mauront Léo Lagrange Méditerranée de la rue Félix Pyat MARSEILLE   Filigranes a rendez-vous aujourd’hui au centre social Léo Lagrange, dans le 3e arrondissement de Marseille, rue Félix Pyat, à deux pas du métro National, pas très loin de l’autoroute qui surplombe le quartier où se juxtaposent maisons anciennes et immeubles plus récents, notamment le siège d’Orange. Dans la cour du centre, une zone a été réservée pour un jardin dont s’occupe Mohamed Barka, oasis de verdure au milieu du béton. Non loin du centre social, un jardin partagé éphémère, appartenant à la Soleam et dont la gestion a été confiée à la Maison Pour Tous St Mauront est entretenu amoureusement par une dizaine de familles du quartier.  En ce début de juillet, il y a des tomates, des courgettes, des aubergines, des haricots, les plants de courge […]

Le tapis à histoires (Centre social /Maison pour tous Saint ...


« Rejouer le monde » « Dans le miroir des mythes » vol 3 (2017)     « L’enfant avait placé une vaste caisse au milieu de la chambre et, depuis quelques heures déjà, il naviguait ainsi, brassant le vide, dévisageant l’horizon enfui dans le mur, le tapis figurant l’océan, la caisse un voilier de fort tonnage. Vers six heures, comme chaque soir à cette heure, le père rentra du travail. Il pénétra dans le salon, il eut le temps de désapprouver l’idée de son fils, il atteignit à cet instant le tapis, coula à pic et se noya. » Jacques Sternberg, Contes froids   Enfants déjà, nous inventions des mondes. Nous construisions des routes, nous soulevions les montagnes. « Tu serais la marchande, je serais le client ». Bien plus que des paroles, c’étaient des univers à explorer, un « mentir-vrai » de résistance (déjà !) au sérieux des parents. C’étaient nos affaires, motus et bouche cousue. Nous les […]

Rejouer le monde – Vol. 3 – « Dans le ...



Cursives parus dans le N°98 Dans les parages du mythe « Rejouer le monde »   Je suis née à Marseille, en 1960. Marseille c’est ma ville, c’est toute mon enfance et toute ma vie, jusqu’ à aujourd’hui encore. Sauf, un épisode parisien, de deux années et quelques mois, à la fin des années 80. Le mime était déjà mon métier, et je voulais découvrir de nouvelles pratiques. J’ai notamment fait un stage avec Ludwik Flaszen, cofondateur avec Jerzy Grotowski du Théâtre Laboratoire. Fin des années 90, j’ai créé le Garance Théâtre, une structure pour produire mes spectacles. J’ai choisi Garance par référence au personnage féminin dans Les enfants du paradis de Marcel Carné. C’est un film sur la vie de Jean-Gaspard Debureau, le fameux mime du XIXe siècle et le créateur du Pierrot.   Quelle a été votre première rencontre avec le mime ? Ç’a été une photo. Après le bac, […]

Anne Chiummo, artiste mime


      « Raisons, déraisons » « Dans le miroir des mythes » vol 2 (2017)   Un beau jour ou peut-être une nuit Près d’un lac, je m’étais endormie Quand soudain, semblant crever le ciel Et venant de nulle part surgit un aigle noir… Barbara C’est le paradoxe. Il traverse nos vies. L’oiseau de la déraison brouille les cartes, bouscule les frontières. À chaque fois, lucidité et ivresse, harmonie et chaos, paix et guerre, création et destruction se toisent, se frôlent, se frottent, s’éclipsent, esquivent et se rejoignent. D’Œdipe à Médée et à Antigone, de Sparte à Troie, les mythes, matrice de nos fictions, nous rappellent que de tous temps, femmes et hommes, dieux de l’Olympe et humains, se sont cognés au désir, aux passions, aux us, à la Loi. Qui sont les barbares, où sont-ils, quelle langue parlent-ils ? À chaque fois, il y va d’un territoire et de ses confins […]

Raisons, déraisons – Vol 2 – « Dans le miroir des ...



    « Je peins le passage » « Dans le miroir des mythes » vol (2017) Le mythe perturbe et fait bouger les lignes. Il fascine. À le fréquenter, glissant d’un monde vers un autre, nous franchissons d’insolites frontières : ici nos vies ordinaires, là un univers à bien des égards paroxystique. De multiples métamorphoses, d’étranges brouillages de lignes, de fatales chevauchées. Pire, d’implacables assignations, des lois bafouées, des interdits transgressés, humain et divin confondus au sein d’un joyeux et cruel fourre-tout : c’est l’hybris. Ce mesclun d’amour et de haine, de vengeance et de pardon, de pulsions et de désirs reste pourtant pour nous, les modernes, le premier terreau de nos imaginaires. Surgis des profondeurs du temps – tel est le paradoxe -, voilà nos sentiments les plus secrets, les plus actuels, par vous, révélés. Antigone, Œdipe, Ulysse, Orphée, Europe, Sisyphe sont parmi vos noms. Terribles et magnifiques, vos destins. À commercer […]

Je peins le passage – Vol 1 – « Dans ...


    Filigranes est allé rencontrer le sculpteur, peintre, calligraphe et poète Thierry Hamy dans son atelier à La Garde (Var), ouvert au public. Nous sommes aussi allés voir la statue monumentale qu’il a réalisée à Bormes-les-Mimosas et les œuvres  des enfants de Signes réalisées sous sa direction. Après une petite enfance au Sénégal, Thierry a presque toujours vécu dans l’agglomération toulonnaise. Mais il a effectué un séjour très marquant à Calcutta chez Mère Teresa  à l’âge de vingt ans, avec des haltes au retour en Israël, en Jordanie et en Égypte, où il a vécu de ses talents de portraitiste et offert ses services à différentes communautés. Au fil de ses expositions et des cours à ses élèves, ainsi que des spectacles associant calligraphie et chanson auxquels il a participé, il a eu  l’occasion de partager cette passion de la beauté qui le fait vivre et c’est de cela […]

Thierry Hamy, sculpteur et poète



Cet entretien est paru dans Fili N°1.0.1. Filigranes ouvre ses pages à Bernard Joseph pour une carte blanche . C’est le photographe et autodidacte que nous accueillons, mais aussi celui qui a été Président du Centre Régional de la Photographie Nord Pas-de-Calais, de 1998 à 2003. Il est membre de deux collectifs de photographes : « Pour Voir » et « Territoire sensible ». Bernard Joseph a coordonné le numéro de la revue « Sensible » consacré à « l’autoportrait photographique ». Il est l’auteur de Léda, portfolio en écho avec le texte de Paul Eluard, ainsi que Des Visages, un essai photographique sur la déshérence de jeunes adultes (Mission Photo- graphique Transmanche). Les photos qui ornent ce numéro sont extraites des séries Choses (en cours) (p.16) et Les jardins de mon père (p.41) produites en collaboration avec Gisèle Bienne, auteure rémoise. Bernard Joseph va aussi publié Sur les traces de Thomas Bernhard. Il a exposé en France […]

Faux semblants – Bernard Joseph




« Le fer se rouille faute de s’en servir, l’eau stagnante perd sa pureté et se glace par le froid. De même, l’inaction sape la vigueur de l’esprit. » Léonard de Vinci, Codique Atlantico. À première vue, pas de tension visible, pas de problématique apparente et forte dans cet intitulé. Mais écriture oblige ! Elle nous invite à plonger dans les détails, elle ouvre sur des descriptions d’organisations extraordinaires, sur des champs qui se croisent et s’étagent, sur des arrangements de plans qui nous échappent et elle laisse présager des abîmes de complexité. C’est sa force. C’est son risque. Sans nul doute, la création est le propre de l’homme, mais il ne le sait pas ! Une sorte d’oubli machinal l’a envahi. Pourtant, ces univers ne se sont pas faits tout seuls. Il a fallu les créer, siècle après siècle, jour après jour, heure après heure, au prix de quelle sueur grise […]

N°70 Mondes industrieux (2008)


    Il était une feuille avec ses lignes Ligne de vie Ligne de chance Ligne de cœur Robert Desnos   Ellipses, hyperboles, paraboles, autant de mots polysémiques invitant à croiser le langage de la géométrie et celui de la rhétorique. Polyptotes, syllepses, antanaclases, conchoïdes, lemniscates, cissoïdes, autant de mots barbares pour voyager en terre étrangère, et changer de focale. Au ras des mots et de leurs ruses, au gré des courbes et de leurs charmes, nous voici partis au pays des figures, celles qui tournent les mots vers des directions imprévues, celles qui apprivoisent l’espace en le schématisant. Un point de vue se matérialise en mots qui donnent corps à la pensée, et rendent perceptibles ses fluctuations, ses hésitations, ses carrefours. Et quand l’observateur se déplace, le point de vue change, et le texte se dédouble, se ramifie, se recompose… Grossissements, non-dits, réticences amplifient ou contractent le texte et […]

N°69 – « Courbes & figures » (2007)



Cet entretien est paru dans Filigranes n°69 « Courbes et figures » Novembre 2007 Cet entretien avec Teresa Assude, auteur de Filigranes, chercheur en didactique des mathématiques, co-rédactrice en chef de la revue « Recherches en didactique des mathématiques  » (RDM) semblera à certains comme un voyage en terra incognita ! Nous y traitons de questions assez peu connues et peu médiatisées : de la relation entre écriture et débat scientifique ; du rapport entre écriture et normes internationales ; de l’édition scientifique en science. Ce détour par les mathématiques, par la réflexion sur leur diffusion et leur enseignement, est aussi une invitation à mieux comprendre quelles positions Filigranes occupe au sein de cet autre continent inconnu qu’est encore pour certains, l’écriture poétique et l’écriture en revue…   Créer une revue, encore une revue…     Filigranes : Tu es co-rédactrice en chef de la revue Recherches en didactique des mathématiques. Cette expérience éditoriale […]

Écrire et éditer en sciences – Teresa Assude


Cursives 68 Entretien avec Markus Arnold   Qui êtes-vous, Markus Arnold ? Markus Arnold : J’ai 26 ans. Je suis pour 2 ans lecteur d’allemand à l’école normale supérieure de Lyon. J’ai fait des études de philologie romane et de lettres anglais en Allemagne et suis actuellement en thèse de littérature comparée. A Lyon, je travaille entre autres avec des étudiants qui se préparent à l’agrégation et sont censés être très forts en allemand ! Filigranes : Pourquoi as-tu un jour décidé d’apprendre le français ? MA : D’abord par nécessité scolaire, il me fallait une troisième langue au lycée, puis par goût. Au-delà de l’aspect linguistique, il y a la civilisation, la culture, les échanges que j’ai connus vers l’âge de quinze ou seize ans : mes premiers vrais contacts en tant qu’individu, sans commune mesure avec les voyages en famille, les films, les médias. Passer sept semaines en […]

Donner une voix à la périphérie / ...



La contemporanéité implique un être ensemble dans un maintenant qui bouleverse le temps ordinaire. L.C. www.reseaux-creation.org   Que se cache-t-il sous l’aspect lisse, vague et vaste de l’intitulé : « Galerie de contemporains » ? Ouvrir une galerie, c’est créer un lieu voué à l’observation, à la contemplation. S’agit-il de nous prendre à témoins, de nous rendre un peu plus sensibles à notre temps en accumulant sous nos yeux les preuves de sa diversité, en organisant la mise en scène de sa richesse, de ses douleurs, de ses courages ? Paradoxe que de vouloir forcer l’attention, attirer le regard sur ce qui est notre spectacle quotidien, tellement présent qu’il en devient invisible. Mais, 6 milliards et plus de contemporains ! C’est sûr, on oubliera du monde et nos limites en seront tracées. Pour une âme d’archiviste pointilleux et féru d’exhaustivité, toute galerie souffre d’absences, manque de couleurs. La contemporanéité a ses points […]

N°68 « Galerie de contemporains » – 2007